mardi 26 mai 2015

Ludovic Engrand, le magicien du make up



Parmi les make up artist Ludovic Engrand se taille la part du lion. Il faut dire que, depuis quelques années, il est attaché à la marque Shu Uemura qui, en matière de maquillages ( et de soins visage ) offre les plus belles déclinaisons couleurs et qualité. Ludovic a eu la gentillesse de me raconter son itinéraire et de me confier quelques trucs qui vous permettront de réussir votre maquillage sans difficultés.
Maquilleur, il l'est devenu complètement par hasard après un cursus qui ne le destinait pas à son art: licence et maitrise en communication multi média dans les années 80. Mais c'est pourtant grâce à ces études qu'il va faire ses premiers pas dans le domaine de la cosmétique en choisissant de faire son projet de fin d'année dans une parfumerie proche de chez lui. " A l'époque, c'était la folie des échantillons de parfums. Nous avons eu l'idée de récupérer auprès des marques des centaines de miniatures de parfums et d'offrir ces dernières aux personnes qui faisaient un don. Cela s'appelait Parfums d'Emotion. On a eu des pages dans les magazines et, grâce à cela, j'ai eu une très bonne note à mon examen."
C'est à l'occasion de cette recherche que Ludovic a eu l'opportunité de rencontrer la directrice marketing d'Estée Lauder qui, après son service militaire, lui a proposé de partir pour Londres et de travailler chez Harrods. " C'était 1993 et le début des make up artists ( Bobbi Brown, M.A.C...) mais j'ai commencé mon expérience en vendant la crème Re-Nutriv qui connaissait un succès phénoménal. J'étais dans la fameuse White Room de Harrods et je regardais, fasciné, les gens faire la queue devant le stand de Bobbi Brown pour se faire maquiller. Alors, j'ai proposé à ma chef de stand de faire nous aussi des maquillages...J'ai été me former au London College of Fashion, cours du soir de trois mois. Le coup de coeur de ma vie! J'ai commencé à maquiller et ça a été le succès."
Six mois plus tard, la patronne anglaise de Givenchy  le débauche pour prendre en charge les 70 stands de la marque en Angleterre... en doublant son salaire! Démonstration, formation, shooting, shows, maquillages de VIP... Ludovic s'amuse comme un fou.
" Un soir, le responsable des célébrités de l'hôtel Mandarin de Londres m'a appellé pour que je m'occupe d'Isabella Rossellini. Je crois que ça a été une des plus belles rencontres de ma vie. Elle venait de quitter Lancôme et préparait le lancement de sa ligne de maquillages Manifesto. J'ai quitté Givenchy pour  travailler avec elle sur l'Angleterre . Malheureusement, l'organisation derrière elle était nulle et ça n'a pas marché. Au bout de deux ans, je suis parti et je suis devenu free lance pour pas mal de grandes marques. Jusqu'à ce que Shu Uemura me contacte et me propose de gérer les équipes de la boutique de Saint Germain des Près pendant 6 mois."
D'une rencontre avec monsieur Shu Uemura à Tokyo va naître une vraie fascination pour l'homme et pour la marque. Le savoir-faire et la facilité d'accès de Ludovic ajouté à la technicité de pointe de Shu Uemura font rapidement un malheur, d'abord au sein des rédactions mais, très vite aussi, auprès des fans de make up. Le "style Ludo" cartonne en studio comme sur les catwalks des défilés .

@ Martin Vallin

Tes conseils pour préparer un beau maquillage?
Le plus important, c'est la qualité de la peau. Tant de femmes ne prennent pas soin de leur peau... Je conseille un gommage une fois par semaine... Sinon, lorsqu'on se maquille, toutes les peaux mortes ressortent, c'est l'horreur! Moi, mon réflexe, c'est l'huile démaquillante de Shu Uemura: elle est comme un aspirateur qui enlève le maquillage, la poussière, la pollution, les cellules mortes... Elle crée une mini exfoliation. On l'enlève à l'eau tiède. Lorsqu'on maquille après, c'est top!
Après le démaquillage et avant le maquillage, j'utilise ensuite un soin hydratant. Toujours. De préférence, une émulsion ou un sérum qui ne brille pas.
Enfin, la base d'un bon maquillage, c'est... la base de teint. Selon le résultat recherché, on adapte sa base. Pour un maquillage lumineux , une base soyeuse, un peu nacrée ; pour un maquillage mat , une base légèrement poudrée. Incontournable.
Et on arrive au  fond de teint...
Toujours commencer par la zone médiane! C'est la zone la plus en avant et sur le plan optique. Dès qu'on pose le fond de teint, on unifie le teint. Comme la peau est plus épaisse sur cette ligne médiane, on peut mettre un peu plus de matière sans risquer d'avoir l'air plâtré.  Puis on lisse sur les joues. Personnellement, je maquille à l'éponge mais, en fin de parcours, je rectifie aux doigts.  Il faut faire glisser la matière en suivant le contour du visage ... Lorsqu'on maquille à l'éponge, il est inutile de rajouter de la matière après la ligne médiane. On appuie un peu sur l'éponge, on tapote, elle contient suffisamment de matière pour tout le visage.
On poudre?
Aujourd'hui, la mode est au glow, donc je ne poudre plus. De plus, il y a maintenant plein de micropoudres dans les fonds de teint qui, de ce fait, sont déjà mat... Mais, pour celles qui veulent utiliser une poudre mais qui craignent que cela souligne leurs ridules , il existe des poudres ultra fines comme celle d'Urban Decay, Naked Powder, qui est un véritable petit bijou.
Comment met-on le blush?
On ne le met jamais directement après le fond de teint. Ca doit être la dernière chose que l'on pose! Et le pinceau danse de l'extérieur vers l'intérieur, sur l'os.
Et l'eye liner?
Souvent les liners liquides offrent trop de matière . Il ne faut pas hésiter à les essuyer un peu sur un Kleenex... Pour bien faire son trait, il faut regarder vers le bas. L'idéal, c'est d'avoir un miroir posé à plat et de s'y observer. Et de tracer  de l'extérieur vers l'intérieur , ainsi le plus gros de la matière est utilisé à l'extérieur. Enfin, pour éviter que le liner ne coule , on peut utiliser les bases spécialement conçues pour les paupières. Elles ont de plus l'avantage de lisser celles-ci ce qui rend le maquillage plus beau.

Il pourrait encore parler de son métier pendant des heures... Et je l'écouterais volontiers.  Pourtant, le maquillage n'est pas la seule passion de Ludovic Engrand. Né d'un père cuisinier à New York, ce dingue de cuisine ( il y a trois ans, il a fini 30° sur 24.000 candidats à Master Chef! ) envisage d'ouvrir un jour son propre restaurant.  En attendant, vous pouvez d'ores et déjà le suivre sur son blog culinaire:  L'Assiette Blanche.   Un régal!

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